Missions réalisées par notre secrétaire Marguerite Despature en octobre 2011 : (principalement autour de Fianarantsoa, centre Sud) :
Impressions générales : C’est mon 3ème voyage à Madagascar depuis la reprise de Terre de Partage il y a 4 ans ; impression accrue de marasme économique, conséquence d’une situation politique sans issue… : dégradation des infrastructures / déforestation galopante (ils brûlent en permanence, et malgré les interdictions, des milliers d’hectares de bois pour le revendre en charbon de bois, avoir des pâturages pour l’élevage ou agrandir l’espace cultivable) / appauvrissement croissant ; autosubsistance minimale (il ne reste parfois qu’un peu de manioc sec…) ; chacun se débrouille, de façon plus ou moins solidaire, en n’attendant rien du gouvernement / accroissement de l’insécurité en ville et sur les routes (impression de couvre-feu dans les villes le soir…)
Une « nouveauté » néanmoins : de plus en plus de cyclistes sur les routes et les pistes !
Visite de deux « Cases » au sein d’établissements scolaires qui évitent à des lycéennes de louer des abris ici ou là au détriment de leur sécurité ; ici elles partagent un petit espace où elles assurent elles-mêmes leur cuisine et l’entretien de leur linge.
Une de ces 2 cases est un bâtiment confortable où nous avons rencontré des filles très joyeuses ; l’autre nous a impressionnés par sa vétusté et l’exiguïté des locaux : 37 filles dans quelques m2, sans chauffage (il fait très froid sur les hauts plateaux en hiver) et avec des sanitaires précaires et éloignés.
L’ aide de Terre de Partage leur permet d’ajouter des protéines à leur alimentation de base (leurs familles payent la pension en riz).
Les « mamans cantine » : Deux belles rencontres avec une trentaine de mamans très pauvres et analphabètes, réunies en une petite coopérative que nous finançons pour les aider à trouver de quoi continuer de nourrir leurs enfants.
Exemple d’activités réalisées par ces femmes :
Revente de légumes sur le marché (aucune n’a du terrain à cultiver) / achat de légumes secs échangés en brousse contre du riz / tressage de nattes / cuisson et vente de petits beignets / lessives pour des clients (0,02 € le vêtement ) / ménages (gain mensuel : 12 €…) / friperie / projet de cuisson de pain / vente de charbon de bois / transport d’eau ( 0,4 € le bidon de 20 litres ) / petit élevage de porcelets (activité la plus rentable).
Terre de Partage propose d’abonder leur petite épargne pour leur permettre de créer une indispensable caisse de solidarité.
Visite d’une petite école en brousse à « l’autre bout du monde » (plusieurs heures de piste pour y accéder…) accueillant 135 enfants très pauvres et dénutris qui reçoivent un début d’alphabétisation et surtout un repas par jour : riz et « brèdes » ; très peu de protéines. Terre de Partage finance une partie de la nourriture et des « écolages ». Nous avons aussi trouvé des financements, en dehors de notre association, pour la construction d’un petit bâtiment de cantine qui avait lieu jusque là en plein air ; ce local vient d’être inauguré.
Sentiment au retour de voyage : le désir d’intensifier nos soutiens et aussi la nécessité de continuer d’être vigilants et exigeants dans le contrôle de nos dons (nos correspondantes malgaches ont beaucoup de bonne volonté mais manquent souvent de formation pour équilibrer leur budget dans une culture locale de vie au jour le jour…).
Missions réalisées par notre président Yvan Perrouin en Novembre à Mananjary (côte Est) :
Visite à la prison : La situation s’est nettement détériorée depuis notre dernière visite en 2009. 480 hommes s’entassent dans trois dortoirs ; 16 femmes dans un bâtiment à part. Dix morts sont à déplorer en peu de temps. Lorsqu’ils sont gravement malades l’hôpital n’accepte que les prisonniers pouvant payer les soins. De plus, notre correspondante locale soulève un problème sanitaire : l’état déplorable de la dentition des prisonniers occasionne des infections graves, jusqu’à des décès !. Il serait nécessaire de faire venir un dentiste afin de procéder à des extractions de dents. Terre de Partage a augmenté le don 2012 (1500 €) qui sert à acheter des médicaments, des vêtements et surtout de la nourriture (riz et légumes) portés à la prison quand tout va bien (risque de détournement de dons en nature au profit des gardiens…). NB : Terre de Partage soutient aussi les prisonniers d’Ambositra (médicaments, nourriture, repas de Noël, transport des prisonniers à leur retour chez eux…).
Actions « jumeaux : Nous vous avons parlé de ce problème il y a 2 ans : un tabou local (notamment dans l’ethnie Antaimoro) crée la honte sur les familles de jumeaux auxquels s’attachent des mauvais sorts… Le chef du village donne la « liberté du choix » à savoir : soit les parents abandonnent les jumeaux et restent sous la protection du chef ; soit ils gardent les enfants mais doivent quitter le village (et parfois ils tuent les bébés à la naissance …) Heureusement bien des familles refusent d’abandonner les jumeaux : certaines les gardent mais sont rejetés par le village ; d’autres les donnent à un foyer ; si la maman n’est pas de la tribu elle peut partir avec les enfants mais se trouve rejetée par le père et sa belle famille… De nombreuses actions ont été entreprises pour changer cette réalité et les mentalités évoluent petit à petit ; pour exemple : les chefs de tribu étaient présents pour la 1ère fois à l’inauguration d’un bâtiment d’accueil des familles de jumeaux. Terre de Partage apporte son soutien à une quarantaine de familles de jumeaux dans cette région de la côte Est et notre aide encourage les familles à garder les enfants tout en permettant d’améliorer la vie des foyers ayant gardé leurs enfants.
Action mécaniciens cyclistes : Un retraité, Philippe Thiollier, ancien cadre dans l’industrie de la région stéphanoise a créé l’association « Les Vélos d’Ambalakilonga » après avoir travaillé à Fianarantsoa : « Je dirigeais un chantier de construction de 350 ouvriers et me suis aperçu que beaucoup faisaient 20 km à pied pour venir gagner 2 € par jour. J’ai cherché une solution pour qu’ils puissent s’offrir des vélos». Son idée : collecter des vélos usagés en France, les envoyer à Madagascar, les réparer sur place en montant un centre de formation pour des jeunes s’engageant à créer ensuite leur petit commerce : « Nous les formons et leur accordons un microcrédit pour s’installer et s’acheter des outils ». À ce jour, plus de 1 000 vélos ont été envoyés à Madagascar, réparés sur place et vendus. Terre de Partage a financé l’an passé la formation de trois jeunes apprentis (+ logement et nourriture) : Bruni, Christian et Jean Pascal à qui Yvan a rendu visite dans leur petite échoppe en leur apportant des caisses à outils ; et nous avons envoyé un don pour la nouvelle promotion 2012 pour 3 ou 4 gars.
D’autres actions ailleurs (certaines visitées aussi fin 2011) ne sont pas mentionnées ici (notamment à Tuléar, côte Ouest) .
Dernière modification le 17/02/2012